Toute monnaie durable a été une créance sur l'énergie : grain, or, pétrole, preuve de travail. La DeFi institutionnelle ne rompt pas ce lien.
La thèse que je veux défendre est simple et démodée : toute monnaie qui a duré était, sous la comptabilité, une créance sur l'énergie. Le grain, c'étaient des calories. L'or, un effort d'extraction. Le dollar est resté cinquante ans arrimé aux hydrocarbures. Bitcoin a rendu le lien assez explicite pour qu'on le mesure en térawattheures. Et les instruments tokenisés qui arrivent sur les registres publics ressemblent à la première monnaie de l'histoire sans énergie derrière elle, jusqu'à la seconde où l'on demande avec quoi tournent les centres de données et les validateurs. Je dois être honnête sur le statut de cette thèse. Ce n'est pas de l'économie orthodoxe. L'économie orthodoxe a abandonné les théories de la valeur par le coût de production dans les années 1870 et n'a jamais voulu les reprendre. Ce que je défends est plus étroit qu'une théorie de la valeur : non pas que l'énergie détermine…